Le procès des généraux des FARDC ouvert à Kinshasa
  • lun, 08/06/2026 - 14:47

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1665 | LUNDI 8 JUIN 2026.

Les chefs d'accusation sont graves : complot contre l'État, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre parfois à leurs domiciles, incitation de militaires à la désobéissance, à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

Des actes qui s'inscrivent dans un projet structuré visant à «détruire ou modifier l'ordre constitutionnel» au Congo. Le ministère public affirme que ce complot a impliqué plusieurs officiers supérieurs agissant de concert, notamment par des réunions clandestines et des échanges numériques.

Au total dix prévenus appelés le jeudi 4 juin par la Haute Cour Militaire. En tête de hauts gradés quatre étoiles, le plus haut grade des Forces armées congolaises, FARDC, devant la barre de la Haute Cour Militaire : le lieutenant-général Christian Tshiwewe Songesha qui fut chef d'état-major général des FARDC (4 octobre 2022-19 décembre 2024), le général d'armée John Numbi Tambo Banza (en fuite aussi démis de ses fonctions d’inspecteur général des FARDC), le général-major Maurice Nyembo Kufi, ancien directeur de cabinet du général d'armées, trois généraux de brigade (Chinyabuuma Kamukinde, John Ngoy wa Kabila, John Sangwa Muhemedi), trois colonels (Guy Mukombozi Zahinda, Pathy Sangwa Lumbu et Christophe Tshibangu Kenge).

Outre un civil, Pascal Nyembo Muyumba, qui fut Directeur général du Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEÉC).

Un nouveau procès qui vient allonger la liste des affaires judiciaires impliquant de hauts gradés et officiers généraux des Forces Armées Congolaises, dans un contexte d'agression armée menée contre le Congo par le Rwanda via la rébellion de l’AFC/M23.

Si Numbi s'était exfiltré du pays dès 2021 à sa révocation comme inspecteur général des FARDC, cas assimilé à un acte de désertion, tous les autres galonnés étaient présents, en uniforme militaire, à cette première audience technique, à l'exception de trois autres prévenus, dont le général Numbi.

Le général Tshiwewe est au cœur de ce procès. Il lui est reproché d'avoir détenu illégalement un important arsenal militaire dans sa résidence de la Gombe à Kinshasa. L'acte d'accusation évoque «douze RPG-7, plusieurs fusils d'assaut AK-47, des milliers de munitions et des roquettes», détenus «sans titre ni droit».

La Haute Cour accuse l'ancien chef d'état-major général d'avoir recruté et utilisé à des fins personnelles certains officiers supérieurs sans autorisation hiérarchique.
ALUNGA MBUWA.


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