- jeu, 23/07/2026 - 16:49
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1669 | JEUDI 23 JUILLET 2026.
Devant le Gouverneur de la province de la Mongala, espace Grande Équateur, les députés nationaux et provinciaux, les membres du Gouvernement provincial, l'Administrateur du territoire de Bumba, des invités des ministères de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, du Développement Rural, des Infrastructures et Travaux publics, des notables de la province de la Mongala, et face à la Directrice Générale des Plantations et Huileries du Congo, PHC, le Vice-Premier ministre de l'Économie nationale Daniel Mukoko Samba, lors de la cérémonie de lancement du Projet de relance de la filière rizicole « Riz Bumba, Loso na Biso », le jeudi 16 juillet 2026, a fait part de « la détermination du Gouvernement d’œuvrer de manière efficace pour assurer la souveraineté alimentaire de notre pays.
Le riz, seconde céréale la plus consommée par nos compatriotes après le maïs, est devenu le symbole de notre dépendance. Comment accepter que notre pays, doté d’abondantes terres arables et de tant de ressources en eaux, soit contraint d'importer de plus en plus de riz chaque année ? Comment accepter que nous transférions, année après année, des centaines de millions de $US aux économies étrangères pour nourrir notre propre peuple».
Puis : « À cet effet, le projet que nous lançons aujourd’hui incarne notre ambition légitime de devenir une économie qui produit davantage, qui crée de la valeur sur son territoire et qui renforce progressivement sa souveraineté alimentaire. Cette ambition traduit fidèlement la vision portée par Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République : celle de la revanche du sol sur le sous-sol.
Certes, notre sous-sol est rempli de richesses. Mais notre sol en regorge davantage encore. Notre sol nourrit. L’exploiter peut créer des emplois. Produire nous-mêmes notre nourriture permet de mieux stabiliser les prix. Il est donc temps que les immenses potentialités agricoles de notre pays occupent enfin la place qu'elles méritent dans notre développement économique».
Il a fait part d'«une conviction qui demeure, aujourd'hui encore, plus actuelle que jamais», qu'il avait dévoilée lors d'une rencontre face aux représentants du secteur privé du Congo et des États-Unis d'Amérique : «parallèlement aux grands partenariats internationaux, nous devions bâtir un véritable pacte productif entre Congolais, ce que j'avais appelé notre propre «Deal entre Congolais».
Je reste convaincu que le développement de notre pays ne pourra être l'œuvre de l'État seul, pas davantage celle du secteur privé seul. Il sera le résultat d'une alliance de confiance entre les pouvoirs publics, les investisseurs, les producteurs et les communautés».
«Le partenariat que nous lançons aujourd'hui entre le Fonds de Régulation Économique (FOREC), structure rattachée au ministère de l’Économie nationale, et Plantations et Huileries du Congo (PHC) constitue l'une des illustrations les plus concrètes de cette vision.
Après le lancement, il y a quelques semaines, du partenariat entre le FOREC et CDI-Bwamanda dans la province du Sud-Ubangi, c'est aujourd'hui la Société Rizicole de Bumba, société détenue à 100% par PHC, qui rejoint cette dynamique.
Ce projet démontre qu'il est possible de construire des partenariats structurants dans lesquels chacun assume pleinement son rôle. Dans les deux cas, l’État s’est associé à un partenaire privé ou communautaire pour relancer une filière agricole. L'originalité de ce modèle tient à une répartition claire des responsabilités.
Le partenaire privé ou communautaire investit, produit, transforme, crée de l'emploi et développe les marchés. L'État, quant à lui, ne se substitue pas à l'entreprise : à travers le FOREC, il sécurise les investissements, réduit les risques économiques et facilite l'accès au financement. En parallèle, les pouvoirs publics assument leurs missions régaliennes : améliorer les routes de desserte agricole, veiller à la qualité des produits et créer un environnement favorable à l'investissement.
Chacun agit dans son domaine de compétence ; ensemble, ils donnent à ce partenariat sa solidité et sa portée nationale».
En quoi cela diffère de ce que certains avaient déjà tenté dans le passe ? Réponse du VPM: « Nous ne laissons plus le petit producteur seul face à ses défis. Les riziculteurs encadrés par le projet bénéficieront progressivement d'un meilleur encadrement technique, d'un accès facilité à des semences améliorées et à des intrants de qualité, tout en disposant d'un débouché sécurisé pour leurs récoltes.
À travers eux, ce sont des ménages ruraux qui verront leurs revenus se renforcer, des jeunes qui trouveront des emplois, des marchés locaux qui seront mieux approvisionnés et des consommateurs qui pourront accéder à un riz de qualité à un prix plus stable. Cette intégration entre production industrielle et agriculture familiale constitue l'un des aspects les plus prometteurs de cette initiative, car elle relie directement la relance économique à la vie quotidienne de nos populations.
C’est pour cette raison que le ministère de l’Économie nationale a aussi financé la relance de la Radio Lokole Bumba afin qu’elle redevienne un des instruments de la dynamique communautaire qui est la clé de la réussite de notre projet. Je profite de cette occasion pour annoncer que cette radio pourra encore émettre dans les tout prochains jours. Nous appuierons aussi la remise en l’état de l’aire de séchage du PNR à Bumba».
L'ambition. «Que le maïs de Bwamanda et le riz de Bumba ne restent pas des expériences isolées, mais deviennent les premières références d'un modèle appelé à être reproduit dans d'autres filières agricoles. Si nous voulons réduire notre dépendance aux importations, stabiliser durablement les prix des denrées alimentaires et créer davantage d'emplois, nous devons multiplier ces alliances stratégiques entre l'État, le secteur privé et les producteurs».
Selon le communiqué de presse n°147/2026 de la Cellule de Communication de la Vice-primature en charge de l'Économie nationale, le lancement du projet «Riz Bumba, Loso na Biso» «marque l'aboutissement d'un processus engagé en octobre 2025, lorsque le Vice-Premier Ministre, Ministre de l'Économie nationale, avait conduit une mission de terrain à Bumba.
Les consultations menées avec les producteurs, les opérateurs économiques, les autorités locales et les représentants de la société civile avaient alors permis d'identifier la relance de la filière rizicole comme une priorité stratégique pour renforcer la production nationale, réduire la dépendance aux importations et soutenir le développement économique de la province de la Mongala».
«Porté par le Ministère de l'Économie nationale, au travers un accompagnement financier du Fonds de Régulation Économique (FOREC), le projet sera mis en œuvre par la Société Rizicole de Bumba (SRB S.A.U.), filiale de Plantations et Huileries du Congo (PHC S.A.). Il traduit une approche fondée sur la complémentarité entre l'action publique et l'expertise opérationnelle du secteur privé au service d'un objectif commun : accroître durablement la production nationale de riz».
«À ce titre, le projet repose également sur une forte mobilisation interministérielle, traduisant le caractère transversal de la politique de relance productive portée par le Gouvernement. Pour ce faire :
◗ Le Ministère de l'Agriculture et Sécurité Alimentaire à travers ses services techniques spécialisés, assurera la certification des semences mises à la disposition des producteurs ainsi que leur encadrement technique tout au long du cycle de production ;
◗ le Ministère du Développement Rural accompagnera la réhabilitation des routes de desserte agricole, indispensables à la collecte et à l'évacuation des récoltes ;
◗ le Ministère des Infrastructures et Travaux Publics assurera le contrôle technique des travaux de réhabilitation des axes routiers concernés, afin de garantir la qualité des infrastructures nécessaires au transport des productions.
Cette complémentarité des interventions publiques illustre la volonté du Gouvernement d'agir simultanément sur l'ensemble des maillons de la chaîne de valeur agricole, depuis la production jusqu'à la mise sur le marché, en créant un environnement favorable au développement durable des filières stratégiques.
Déployé sur une période de cinq ans (2026-2030), le projet prévoit l'accompagnement de près de 30.000 producteurs partenaires agréés, le développement de sept unités de transformation rizicole et une production cible de 250.000 tonnes de riz à l'horizon 2030.
Le projet place également l'inclusion économique au cœur de son action. Il ambitionne que 40 % des bénéficiaires directs soient des femmes et 35 % des jeunes, afin de favoriser l'entrepreneuriat rural, le renouvellement des générations dans le secteur agricole et la création d'emplois durables.
Au-delà des performances agricoles attendues, cette initiative contribuera à la création de plusieurs milliers d'emplois directs et indirects, à une augmentation estimée de 20 à 25 % des revenus des producteurs et au développement d'une chaîne de valeur intégrée, depuis la production jusqu'à la transformation et à la commercialisation du riz.
À terme, le projet contribuera à renforcer la sécurité alimentaire nationale, à réduire progressivement la dépendance aux importations de riz et à promouvoir une production locale capable de répondre durablement aux besoins du marché congolais.
Le Ministère de l'Économie nationale définira les orientations stratégiques du projet. Le FOREC accompagnera sa mise en œuvre dans le cadre de ses missions de soutien aux filières agricoles stratégiques, tandis que la SRB assurera l'exécution opérationnelle en s'appuyant sur l'expérience, les infrastructures et l'ancrage territorial de PHC».





