Le puissant notable du Grand Katanga Richard Muyez appelle au dialogue
  • jeu, 22/12/2022 - 09:29

« C’est le schéma. Il n’y en a pas deux. On ne peut pas gouverner dans le contexte de la démocratie en refusant de dialoguer. À mon avis, on est obligé d’y arriver ; on doit finir par dialoguer», déclare-t-il. PARIS, BRUXELLES, KINSHASA.
Le Soft International n°1570 |MARDI 20 DÉCEMBRE 2022.

Le gouverneur de la riche province du Congo (la plus riche du pays) n’a pas eu à réfléchir par deux fois. Vendredi 16 décembre, au siège du CNSA, au premier étage de l’immeuble qui abrita longtemps l’ambassade de Belgique, en plein centre des affaires à Kinshasa, à un jet de pierre des Galeries Présidentielles, il a appelé dans les termes les plus clairs au dialogue. Gouverneur du Lualaba (capitale Kolwezi qui concentre les minerais les plus stratégiques du monde et accueille les plus grosses multinationales du secteur des mines, Sino-Congolaise des Mines, Tenge Fungurume Mining, Compagnie Minière de Musonol, Kamoto Copper Company, Ruashi Mining, Boss Mining, Mutanda ya Mukonkola, etc.), Richard Muyez Mangez Mans, au titre de ministre honoraire de l’Intérieur, face au président du CNSA, le Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre et du Processus Électoral, Joseph Olenghankoy, qui le recevait, a appelé les Congolais au dialogue.
« C’est le schéma. Il n’y en a pas deux. On ne peut pas gouverner dans le contexte de la démocratie en refusant de dialoguer. À mon avis, on est obligé d’y arriver ; on doit finir par dialoguer», a-t-il déclaré aux médias, à la sortie de la consultation. Alors qu’il s’apprêtait à s'envoler pour le Katanga où il doit rencontrer l’ancien président de la République Joseph Kabila et l’ancien gouverneur du Grand Katanga, Moïse Katumbi Chapwe qui a annoncé sa candidature à la présidentielle et son départ de la plate-forme présidentielle, Union Sacrée de la Nation, et où il va clôturer ses consultations -, celui dont la structure politiquement constitue l’Autorité Morale du processus électoral et politique paisible, a déjà mis au point, à en croire ses services, les premières conclusions de ses consultations dans la Capitale. «C’est le consensus. Il n'y a rien à dire. Tout le monde réclame le dialogue. Tout le monde réclame le consensus. Nous ne pensons pas que l’ancien Président Kabila se départira de cette voie, ni l’ancien gouverneur du Katanga. On ne peut pas faire la politique sans s’entendre sur les termes de cette politique. Même l’extérieur, les pays voisins nous regardent et nous appellent. Tous attendent les résultats de ces consultations qui ne sauraient désormais tarder ».

«PAS QUE L'EST, IL Y A AUSSI AILLEURS».
Le puissant gouverneur du Lualaba qui a remercié le président du CNSA pour l’avoir consulté, a rappelé que le mouvement rebelle M23 a vu le jour quand il fut ministre de l’Intérieur. « Je crois que sous mon mandat, j’ai vécu cette période de guerre avec le M23. C’était la première fois qu’il se constituait et attaquait. J’ai partagé mon expérience. Mais je dois vous avouer que j’ai été impressionné par son introduction. Il a la maîtrise de la situation. Il nous a orientés et cela nous a permis d’apporter notre contribution. Je crois que le Chef de l’État le répète tous les jours: l’appel à la cohésion nationale doit former un bloc. J’ai dit au Président du CNSA que c’est une initiative heureuse. Personnellement, je la soutiens. C’est le schéma. Il n’y en a pas deux. Parce qu’il y a la guerre à l’Est mais il y a certaines tensions dans certaines de nos provinces - il faut l’avouer - et, à mon avis, la solution passe par le dialogue. On ne peut pas gouverner dans le contexte de la démocratie en refusant de dialoguer. À mon avis, on est obligé d’y arriver ; on doit finir par dialoguer. J’ai demandé à M. Olenghankoy de poursuivre son action et j’espère que le Chef de l’État en tiendra compte », a déclaré aux médias Richard Muyez Mangez Mans. Le président Olenghankoy reçoit à son cabinet ou se déplace chez ses hôtes. À ce jour, il a consulté un ancien président de l’Assemblée nationale, Thomas Luhaka Thomas Luhaka Losenjola (avril à novembre 2006 ), d’ancien premiers ministres (Léon Kengo wa Dondo, Augustin Matata Ponyo, Samy Badibanga Ntita, Bruno Tshibala Nzenze, Adophe Muzitu Fundji), diverses personnalités (José Endundo Bononge, Jean Bamanisa Saïdi, Jean-Florentin Mokonda Bonza), des chefs des confessions religieuses, celui de l’Église Kimbanguiste, Simon Kiangani Kimbangu, petit-fils de Simon Kimbangu, qui dirige l'Église kimbanguiste depuis le 26 août 2001, le président de la Conférence Épiscopale nationale du Congo, CÉNCO, Mgr Marcel Utembi Tapa, évêque de Kisangani, des représentants de plusieurs autres confessions, l'opposant Martin Fayulu Madidi de la coalition Lamuka qui s’est déclaré prêt à rencontrer le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Franck Diongo Shamba, président du Mouvement lumumbiste progressiste, MLP, le troisième homme de la coalition CACH, qui a battu campagne en décembre 2018 pour le candidat à la présidentielle Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au titre de directeur de campagne dans l'espace Grand Bandundu, le professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba qui a rencontré mardi 22 novembre le président Olenghankoy avec une délégation de cinq membres de son parti, le Parti pour l’Action, P.A en sigle. Avec le professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba, le président du CNSA, assisté de deux membres de son cabinet, s’est entretenu pendant environ deux heures. « Je veux commencer par remercier infiniment un homme, le président du CNSA. C’est un grand homme connu dans ce pays. Je pense qu’aujourd’hui, il y a des jeunes pousses qui arrivent et qui font la politique mais ces jeunes ne peuvent jamais oublier ceux qui connaissent ce pays. Nous venons de passer environ deux heures avec le président Joseph Olenghankoy. Il a dit des vérités sur ce pays et il porte en lui les solutions qu’il faut à ce pays : la cohésion, la montée en puissance de notre armée », a déclaré à la presse Tryphon Kin-kiey Mulumba, à la fin de la consultation. « Il (le président Olenghankoy) nous a écoutés. Nous lui avons promis de lui déposer d’ici deux jours maximum un document. Mais il va écouter tout le monde, tous ceux qu’il pense représenter la Nation ou des populations parce que la politique c’est d’abord être représentant des populations, des communautés ; être reconnu par la population, être reconnu par le pays pour faire la politique », a poursuivi Tryphon Kin-kiey Mulumba. « Il nous a assurés qu’il va rencontrer ces personnalités-là et, à l’issue de ça, il va faire un rapport qu’il va adresser au Commandant Suprême, le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui seul prendra la décision. C’est une démarche plus que pertinente. C’est une démarche qui arrive bien à propos. Nous sommes en train de nous interroger aujourd’hui sur ce qu’il y a à faire pour notre pays. Il s’agit du pays. On a été attaqué. On est attaqué. On nous fait la guerre de partout. J’allais dire du monde entier. Qu’est-ce que nous Congo voulons exactement pour ce pays. Sa démarche, je le lui ai dit, c’est la démarche d’un véritable homme politique. Il nous faut des politiques plus que jamais pour ouvrir des portes et aller de l’avant et sauver ce pays». Le professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba a félicité les consultations qu’entreprend le Président du Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre et du Processus Électoral expliquant qu’«au Congo, Joseph Olenghankoy n’est pas n’importe qui. Il est celui qui, après le Patriarche Étienne Tshisekedi wa Mulumba, a affronté le régime Mobutu comme nul autre et a été conduit en prison, pour ses opinions, plus que quiconque ! Joseph Olenghankoy connaît le Congo et les Congolais. En politique, Olenghankoy est fourbi d’expériences que nul autre et dispose d’atouts dont le pays a besoin aujourd’hui plus que jamais ». Après sa rencontre avec Simon Kiangani Kimbangu, le président du Conseil national de Suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre et du Processus électoral a déclaré s'être rendu auprès du chef religieux «s'enquérir de ses idées, de ses conseils, de sa vision sur ce que le pays peut faire pendant cette période de guerre». «On veut avoir ses sages conseils et sa bénédiction afin de nous permettre de voir comment on peut aider les autorités. Un pays sans cohésion n'aura aucune victoire. Avec la cohésion, on peut arriver à accomplir des miracles. Un peuple maître de son destin est plus puissant qu'une bombe atomique. Pendant cette période, on ne peut avoir des députés ou des sénateurs de l'Union sacrée, puis des députés ou des sénateurs de l'opposition. Nous sommes tous des Congolais qui voulons aider notre pays», a-t-il poursuivi. Lors d'une autre consultation, Olenghankoy a eu cette image pour décrire la situation que vit le Congo : «On voit la nuit tomber, et personne ne sait ce qui se passe réellement. On croit que tout va bien mais tout va mal. On semble avoir pris la bonne direction mais le chemin se trouve ailleurs». Un autre acteur politique consulté a encore poussé plus loin : « On s'imagine que le danger viendra du Kivu. Mais il peut être ailleurs. Au Katanga ou dans le Bandundu...»

D. DADEI.


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