- ven, 13/02/2026 - 07:07
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1658 | VENDREDI 13 FÉVRIER 2026.
Ils sont quatre membres du gouvernement - deux Vice-premiers ministres (Jean-Pierre Bemba Gombo, Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Daniel Mukoko Samba, Économie Nationale), un ministre d'État (Julien Paluku Kahongya, Commerce Extérieur), un ministre (Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, Finances) ont signé le 9 décembre 2025 un arrêté interministériel portant création d'une FÉRI-AD-FÉRE, une Fiche Électronique des Renseignements à l'Importation, une Attestation de Destination ainsi qu'une Fiche Électronique des Renseignements à l'Exportation. Il s'agit de l'arrêté interministériel N°VPM /MTVCD/CAB/096/2025, N°001/CAB/VPM/MIN-ÉCONAT/DMS/CTY/2025, N°1594/CAB/MIN/FINANCES/2025 ET N°035.CAB/MIN/COMEXT /2025 du 09 déc 2025 modifiant et complétant l'arrêté interministériel N°008/CAB/VPM/MIN/TC/2019, N°112/CAB/MIN/ÉCONAT/JKN/2019, N°63/CAB/MIN.ÉTAT/ COMEXT/2019 ET N°001/CAB/MIN/FINANCES/2019 du 22 janvier 2019 portant souscription obligatoire de la Fiche Électronique des Renseignements à l'Importation, de l'Attestation de Destination ainsi que de la Fiche Électronique des Renseignements à l'Exportation.
Un texte qui vise essentiellement l'Office de Gestion du Fret Multimodal, Ogefrem.
On y lit notamment ce qui suit : « Considérant que l’Office de Gestion du Fret Multimodal, établissement public doté de la personnalité juridique, est chargé, conformément aux dispositions du Décret n°09/036 du 03 décembre 2009, de la gestion du fret national à l’importation et à l’exportation sur l’ensemble du territoire de la République ainsi que dans les principaux corridors de désenclavement ; que la mise en œuvre de la Fiche Électronique des Renseignements à l’importation, FÉRI, de l’Attestation de Destination, AD, et de la Fiche Électronique des Renseignements à l'Exportation, FÉRE, constitue un levier stratégique pour la valorisation du fret, la lutte contre la fraude, la sécurisation des recettes publiques et l’optimisation du circuit de dédouanement; que la performance du module de pre-dédouanement du Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur repose sur la disponibilité, en temps utile, de l’ensemble des documents constitutifs de la liasse documentaire, notamment la FÉRI, FAD et la FÉRE, auprès de l’Administration douanière ; qu'il est impératif de doter l’Ogefrem d’outils juridiques et technologiques adaptés à une gestion moderne, efficace et sécurisée du fret multimodal, garantissant la traçabilité des cargaisons et la maîtrise des risques sécuritaires, sanitaires et environnementaux ; qu'il est nécessaire de centraliser l’ensemble des recettes issues de la délivrance des documents FÉRI, AD et FÉRE dans un compte unique de l’Ogefrem, sans intermédiaires, afin d’assurer la transparence, la traçabilité et la sécurisation des flux financiers ; qu'il convient d’instaurer une plateforme numérique souveraine, agissant comme Guichet Unique Maritime, permettant la traçabilité des cargaisons, la gestion des transactions financières et la constitution d’une base de données sectorielle fiable et accessible ; que la transition vers les technologies de l’information et de la communication les plus avancées, avec une réduction significative de Intervention humaine, est indispensable pour garantir la sécurité des données, l’intégrité des opérations et la fluidité des échanges ; qu'en application de la politique nationale de modernisation de la gestion publique, un Partenariat Public-Prive a été conclu entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, représente par le Ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, et la société PADS Corporation Sarl, en vue de la digitalisation et de l’optimisation de la collecte des frais perçus en faveur de l’Ogefrem ; qu'à e titre, la société PADS Corporation Sarl, en qualité de partenaire privé, a mis en place une plateforme numérique dénommée SYGREM (Système de Gestion des Redevances Multimodales), destinée à centraliser, sécuriser et traiter l’ensemble des informations afférentes auxdits frais ; que l’Ogefrem adhère à cette solution technologique et en assure l’utilisation exclusive pour la souscription obligatoire des documents FÉRI, AD et FÉRE ; que les actions 9 et 11 de l’axe stratégique 3.2 1 du Plan d’Action Gouvernemental 2024-2028, ainsi que le contrat de délégation de service public n°005/CAB/MIN/TVCD/2024 du 05 février 2024 conclu avec la société PADS Corporation Sarl, encadrent juridiquement et opérationnelement la digitalisation des modes de perception des frais dus à l'Ogefrem ; que l’avis de conformité n°5/UC-PPP/DG/04/24 du 26 avril 2024, délivré par l’Unité de Conseil et de Coordination du Partenariat Public-Prive (UC-PPP), ainsi que la fiche d’approbation du contrat de PPP n°001 du 21 mai 2024, avalisent la mise en oeuvre de ladite digitalisation ; qu'il y a nécessité et urgence de prendre les mesures réglementaires et opérationnelles appropriées pour assurer l’effectivité du dispositif et garantir ses objectifs de performance, de transparence et de souveraineté».
L'INTERSYNDICALE RÉAGIT.
À la suite de la publication de cet arrêté interministériel «récemment porté à la connaissance des travailleurs alors que celui-ci avait été signe depuis plusieurs semaines», se désole l’Intersyndicale Nationale de l’Ogefrem, celle-ci y voit «des manœuvres susceptibles de fragiliser l’Office, de restreindre son champ d’action et, à terme, de compromettre son rôle dans l’économie nationale».
«Ce décalage dans la diffusion d’une décision aux implications majeures pour notre institution soulève des interrogations légitimes auxquelles les travailleurs sont en droit d’obtenir des réponses claires», écrit le 10 février l'Intersyndicale dans un communiqué officiel disant «exprimer sa profonde préoccupation quant aux circonstances ayant entouré la mise en lumière de cet arrêté.
En effet, il apparaît que ledit arrêté avait été signé depuis le 9 décembre 2025, au moment même où l’Intersyndicale menait, avec détermination, des démarches et un plaidoyer soutenu pour la défense des intérêts de l’Ogefrem au niveau la Présidence de la République en sa qualité du Garant du bon fonctionnement des Institutions et Premier Travailleur du Pays.
Durant toute cette période, aucune communication officielle n’a été portée à la connaissance des partenaires sociaux que nous sommes, par contre un silence difficilement compréhensible au regard de la gravité des enjeux a été observé. La surprise fut donc totale lorsque l’ensemble des travailleurs n’en a pris connaissance que le 9 février 2026, soit près de deux mois après sa signature.
Plus préoccupant encore, cette découverte est intervenue le même jour où l’Intersyndicale et la Délégation Syndicale participaient à une réunion officielle avec le Conseil d’Administration de l’entreprise. Au cours de cette séance, aucune information relative à cet arrête ni à ses implications n’a été évoquée. Les échanges avaient essentiellement porté sur l’organisation des élections syndicales pour la 9ème édition 2026-2029.
Une telle situation soulève des préoccupations légitimes quant au niveau des informations réservées aux partenaires sociaux, pourtant acteurs principaux de la stabilité de l’entreprise, et appelle à un devoir accru de transparence dans la gestion des dossiers stratégiques engageant l’avenir de l’Office».
L'Intersyndicale dit «s'être dressée avec fermeté, dès les premiers signaux, contre toute mesure susceptible de porter atteinte aux missions stratégiques de l’Ogefrem, à sa stabilité institutionnelle ainsi qu’à la sécurité des emplois», indique que «les enjeux dépassent le cadre d’une simple décision administrative».
D. DADEI.





