- jeu, 08/01/2026 - 18:47
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1654 | VENDREDI 9 JANVIER 2026.
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les forces armées américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores dans leur complexe ultrasécurisé de Caracas. Un raid nocturne spectaculaire qui aurait fait plus de 100 morts, selon Caracas. Maduro a été présenté devant la justice américaine à New York. Il encourt des années de prison. Comme son secrétaire d'État Marco Rubio, né à Miami de parents cubains, chef de file de la très influente diaspora cubaine installée en Floride, qui a bâti une partie de sa carrière politique sur le soutien de cette communauté qui aspire à un changement de régime à La Havane, Donald Trump a averti : «Ce qui est arrivé à Maduro peut arriver à n’importe qui ». Le Venezuela a été mis sous tutelle pour son pétrole par les États-Unis et « seul le temps dira » combien de temps les États-Unis dicteront les décisions du Venezuela. Quels pays se trouvent dans la ligne de mire de Trump? Dans le passé, les États-Unis avaient déjà frappé des pays dans le monde pour renverser ou soutenir les pouvoirs en place.
1954, Guatemala. Le 27 juin, le colonel Jacobo Arbenz Guzman, président du Guatemala, est chassé du pouvoir par des mercenaires entraînés et financés par Washington, après une réforme agraire menaçant les intérêts de la puissante société américaine United Fruit Corporation (future Chiquita Brands). Les États-Unis ont inclu en 2003 dans leur histoire officielle le rôle de la CIA dans ce coup d’État, au nom de la lutte contre le communisme.
1961 : Cuba. Du 15 au 19 avril, 1.400 anticastristes entraînés et financés par la CIA tentent de débarquer dans la baie des Cochons, à 250 km de La Havane, sans réussir à renverser le régime communiste de Fidel Castro. Les combats font une centaine de morts dans chaque camp.
1965 : République dominicaine. Au nom du danger communiste, les États-Unis envoient des marines et des parachutistes à Saint-Domingue pour étouffer un soulèvement en faveur de Juan Bosch, président de gauche renversé par des généraux en 1963.
Soutien aux dictatures du Cône Sud. Washington a soutenu plusieurs dictatures militaires, considérées comme un rempart face à des mouvements de gauche. Ils ont activement aidé le dictateur chilien Augusto Pinochet lors du coup d’État du 11 septembre 1973 contre le président de gauche Salvador Allende.
Le secrétaire d’État américain Henry Kissinger a soutenu la junte argentine en 1976, l’encourageant à terminer rapidement sa « sale guerre », selon des documents américains déclassifiés en 2003. Au moins 10.000 opposants argentins ont disparu.
1970-1980, six dictatures (Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil) se sont alliées pour éliminer des opposants de gauche dans le cadre de l’opération « Condor », avec un soutien tacite américain. Nicaragua, Salvador : guerres civiles en Amérique centrale dans les années 1980.
1979, Nicaragua. La rébellion sandiniste renverse le dictateur Anastasio Somoza. Le président américain, Ronald Reagan, inquiet de l’alignement de Managua sur Cuba et l’URSS, autorise secrètement la CIA à apporter une aide de 20 millions de $US aux Contras, les contre-révolutionnaires nicaraguayens, financée partiellement par la vente illégale d’armes à l’Iran.
La guerre civile nicaraguayenne, terminée en avril 1990, fera 50.000 morts. Ronald Reagan a également envoyé des conseillers militaires au Salvador pour étouffer la rébellion du Front Farabundo Marti pour la libération nationale, FMLN, extrême gauche, dans le cadre d’une guerre civile, 1980-1992, qui a fait 72 000 morts.
1983, Île de Grenade, Panama : interventions directes et formation militaire.
Le 25 octobre, des marines et des rangers interviennent sur l’île de Grenade après l’assassinat du premier ministre, Maurice Bishop, par une junte d’extrême gauche et alors que les Cubains agrandissent l’aéroport, pour y accueillir sans doute des avions militaires.
Ronald Reagan lance, à la demande de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS), l’opération « Urgent Fury » pour protéger un millier de citoyens américains. L’opération, réussie selon Reagan et largement déplorée par l’Assemblée générale de l’ONU, se termine le 3 novembre, avec plus d’une centaine de morts.
1989, Panama. Après une élection contestée, le président George Bush décide d’une intervention militaire au Panama, aboutissant à la reddition du général Manuel Noriega, ancien collaborateur des services secrets américains, poursuivi par la justice américaine. Quelque 27.000 soldats participent à l’opération « Just Cause », qui a fait officiellement 500 morts - mais plusieurs milliers selon des ONG.
Manuel Noriega sera emprisonné plus de deux décennies aux États-Unis pour trafic de drogue, avant de purger d’autres peines en France puis au Panama. C’est au Panama qu’avait été fondée en 1946 l’École des Amériques, centre de formation militaire spécialisé dans le combat contre le communisme, contrôlé jusqu’en 1984 par les États-Unis, où ont été formés nombre de dictateurs. Et, depuis, l'Iran, le Nigeria, le Venezuela.
Après la capture du président du Venezuela précédée par l'attaque des États-Unis sur le sol vénézuélien qui marque un véritable tournant dans la politique étrangère de Donald Trump et qui a fait des centaines de morts et l'exfiltration de Nicolas Maduro aux États-Unis où il a été jeté en prison, quels pays sont dans le viseur du leader de la première puissance mondiale qui semble mettre ses menaces à exécution et peu importe si cette invasion va à l'encontre du droit international ?
Il est vrai que si Donald Trump se sent pousser des ailes après cette incursion réussie au Venezuela, on peut légitimement craindre d'autres ingérences similaires dans les mois à venir. Le président américain ne semble d'ailleurs pas s'en cacher et a adressé des mises en garde contre certaines nations gravitant dans l'orbite de Washington Quels pays dans le viseur des États-Unis?
LE GROENLAND, LES TERRES RARES.
Sans surprise, c'est le Groenland qui est visé en priorité par le président américain. Moins de 48 heures après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, Donald Trump a réaffirmé que Washington comptait se pencher sur le cas du territoire autonome danois dans les vingt prochains jours.
Si les États-Unis disposent déjà d'une base militaire dans le pays rattaché au royaume du Danemark, Donald Trump souhaite apparemment contrôler l'ensemble de l'île.
«Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale», déclare-t-il, affirmant que la région est «couverte de navires russes et chinois partout». Les motivations derrière cette possible annexion?
Cette vaste île arctique, se situant à environ 3.200 km au nord-est des États-Unis, est riche en terres rares, essentielles à la production de smartphones, de véhicules électriques et de matériel militaire. Un contrôle stratégique du Groenland permettrait aux États-Unis de concurrencer le secteur chinois, leader dans ce domaine.
Le Groenland occupe par ailleurs une position-clé dans l'Atlantique Nord, offrant un accès au cercle arctique, de plus en plus important commercialement et stratégiquement.
À mesure que les glaces polaires fondent, de nouvelles routes maritimes s'ouvrent. Le Premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielsen a répondu à Donald Trump en qualifiant cette idée de «fantaisie». Une tentative d'annexion opposerait directement les États-Unis à un autre membre de l'OTAN, mettant probablement l'alliance en péril.
LA COLOMBIE, PÉTROLE, PIERRES PRÉCIEUSES.
Le voisin frontalier du Venezuela retient son souffle depuis l'assaut de Caracas. Quelques heures seulement après l'opération à Caracas, Donald Trump a recommandé au président colombien Gustavo Petro de «faire attention à ses fesses».
La Colombie est riche en pétrole, en or, argent, émeraudes, platine et charbon. Mais là aussi, Washington cache ses réelles ambitions - avoir la mainmise sur ces matériaux stratégiques - en évoquant la production de cocaïne installée dans le pays depuis des décennies. La Colombie, plus particulièrement la province d'Antioquia, est une véritable plaque tournante du trafic de drogue, notamment de la cocaïne.
Le pays est pourtant un allié proche de Washington dans la guerre contre la drogue, surtout depuis l'élection du président de gauche Gustavo Petro. Dès son investiture, il a pris des mesures phares contre les principaux producteurs de cocaïne, à savoir, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC.
Cela n'a pas empêché Donald Trump d'affirmer que le pays était «dirigé par un homme malade qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis». Depuis septembre, l'armée américaine frappe des embarcations dans les Caraïbes et l'est du Pacifique, affirmant qu'elles transportent de la drogue.
Ces attaques couplées aux menaces de Donald Trump ont eu pour effet d'aviver l'ire du président colombien et ancien guérillero, qui s'est dit prêt à «reprendre les armes».
CUBA, L'EFFET DOMINO?
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, né à Miami de parents cubains, a déclaré samedi 3 janvier que le gouvernement cubain devrait s'inquiéter après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro. «Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet», a-t-il dit lors d'une conférence de presse en Floride, aux côtés du président américain Donald Trump.
Après Nicolas Maduro, les jours de Miguel Diaz-Canel à la tête de Cuba sont-ils comptés ? «Le régime cubain semble être sur le point de s’effondrer», a affirmé Donald Trump. Des déclarations qui suggèrent que les États-Unis, sur leur lancée vénézuélienne, sont tentés par une intervention à La Havane pour faire tomber le régime castriste, en place depuis 1959.
Il ne faut pas sous-estimer l’influence de Marco Rubio dans la politique très agressive des États-Unis en Amérique latine. Le secrétaire d’État est aux premières loges dans toutes les apparitions médiatiques de l’administration Trump depuis l’opération au Venezuela et «la chute du régime cubain est tout en haut de ses priorités», assure Rubrick Biegon. La chute du castrisme ferait le plus grand bien à la carrière de ce politicien qui n’a jamais caché son ambition de s’installer un jour à la Maison Blanche, estiment des experts interrogés par les médias.
La petite nation insulaire , située à seulement 145 km au sud de la Floride, est soumise à des sanctions américaines depuis le début des années 1960. Elle entretenait des relations étroites avec le Venezuela de Nicolás Maduro, qui lui fournissait environ 30% de son pétrole en échange de médecins et de personnel soignant envoyés dans l'autre sens.
Elle «est dans le top 3 des pays de la région où les États-Unis ont menacé d’intervenir depuis la capture de Nicolas Maduro avec le Mexique et la Colombie», selon Rubrick Biegon, spécialiste de la politique étrangère des États-Unis à l’université de Kent et auteur de «US Power in Latin America: Renewing Hegemony» («La puissance américaine en Amérique latine : renouveler l’hégémonie»).
Aux yeux de l’administration Trump, Cuba apparaît comme une cible prioritaire à plus d’un titre. Tout d’abord, le régime castriste entretient des relations très proches avec le chavisme vénézuélien depuis le début des années 2000.
Ce n’est pas un hasard si au moins 32 officiers cubains sont morts lors de l’opération militaire américaine au Venezuela. «Le pouvoir vénézuélien utilise depuis longtemps des ressortissants cubains pour former la garde rapprochée de Maduro. Cela fait partie des accords entre les deux pays : le Venezuela fournit du pétrole à prix cassé à Cuba qui envoie, en contrepartie, des médecins et des officiers du renseignement au régime chaviste», explique Andrew Gawthorpe, spécialiste de l’histoire de la politique étrangère américaine à l’université de Leyde.
«Nicolas Maduro est connu pour avoir fait davantage confiance aux agents du renseignement cubains qu’à ses propres services», ajoute Amalendu Misra, spécialiste des questions de sécurité en Amérique latine à l’université de Lancaster. Il y aurait entre 10.000 et 20.000 Cubains au Venezuela, d’après une estimation faite par les États-Unis en 2019.
Washington assure que la plupart d'entre eux sont des agents du renseignement et des services de sécurité qui travaillent pour Nicolas Maduro.
LE MEXIQUE, ANIMOSITÉ DE LONGUE DATE.
L'hostilité entre le Mexique et les États-Unis n'est pas nouvelle. Elle s'est surtout aggravée depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2016, qui avait été marquée par ses appels à construire un mur le long de la frontière sud avec le Mexique. Dès son investiture en 2025, il avait signé un décret visant à rebaptiser le golfe du Mexique en «golfe de l'Amérique».
Le président nord-américain affirme fréquemment que les autorités mexicaines sont inefficaces concernant le contrôle du flux de drogue ou de migrants clandestins vers les États-Unis. S'exprimant dimanche 4 janvier, il a déclaré que la drogue «affluait» via le Mexique. «Nous allons devoir faire quelque chose», a-t-il précisé, ajoutant que les cartels y étaient «très puissants».
Donald Trump a déclaré avoir proposé d'envoyer des troupes américaines au Mexique pour les combattre. La cheffe du parti Mouvement de Régénération Nationale, MORENA, Claudia Sheinbaum, a publiquement rejeté toute action militaire américaine sur le sol mexicain. Néanmoins, la présidente mexicaine est une habile diplomate qui, depuis sa prise de fonction en octobre 2024, a su entretenir de bonnes relations avec Washington.
L'IRAN, DE NOUVELLES FRAPPES ?
L'Iran fait actuellement face à des manifestations antigouvernementales de grande ampleur et Donald Trump a averti que les autorités seraient «frappées très durement» si davantage de manifestants venaient à mourir. «Nous surveillons cela de très près.
S'ils commencent à tuer des gens comme ils l'ont fait par le passé, je pense qu'ils vont être frappés très durement par les États-Unis», a-t-il déclaré récemment. Donald Trump a déjà menacé le régime iranien de nouvelles actions, après avoir frappé ses installations nucléaires en juin dernier.
Lors d'une réunion entre Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou la semaine dernière, l'Iran aurait été au cœur des discussions. Il a été rapporté que Netanyahou avait évoqué la possibilité de nouvelles frappes contre l'Iran en 2026 avec l'appui du Bureau ovale.
L'AFRIQUE DANS LA LIGNE DE MIRE.
La capture du président Maduro résonne sur le continent africain et au Congo, engagé avec les États-Unis dans des négociations de paix avec le Rwanda sur le principe minerais rares contre paix. Les tergiversations de Kigali dans l'exécution des accords de Washington signés le 4 décembre 2025 et ceux de Doha ont mis Washington en grande colère.
Le pouvoir rwandais oublie-t-il une vérité sortie de la bouche de Charles de Gaulle le 9 décembre 1967 dans un entretien à Paris Match, à savoir, « un grand pays n’a pas d’amis. Les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d’État ». Henry John Temple, premier ministre du Royaume Uni, de 1855 à 1858 et de 1859 à sa mort en 1865, 3e vicomte Palmerston, connu sous le nom de lord Palmerston, en 1848, dans un speech à la Chambre des Communes (parlement britannique), avait dit : « We have no eternal allies, and we have no perpetual enemies.
Our interests are eternal and perpetual, and those interests it is our duty to follow » (Nous (l'Angleterre), n’avons pas d’amis ou d’ennemis permanents ; nous n’avons que des intérêts permanents). Qu'est-ce que l'Histoire n'a pas appris au monde?
Oublie-t-on le sort de Jonas Malheiro Sidónio Savimbi, le chef de l'Unita, le mouvement armé opposé au régime prosoviétique de Luanda, qui effectua une visite de dix jours aux États-Unis, fut reçu à la Maison-Blanche par Ronald Reagan, se fit promettre «une aide» de 15 millions de $US dans sa guérilla prélevés sur les fonds d'urgence de la CIA, débloqués comme aide militaire «secrète», fut abandonné plus tard, tué, le 22 février 2002, au bord de la rivière Luvuei dans la province de Moxico, avec 21 de ses gardes du corps, par 15 balles?
A-t-on oublié le puissant président libyen Mouammar Kadhafi à qui l'alors puissant ministre de l'Intérieur français, Nicolas Sarkozy, élu président de la République, qui reçut des millions de $US pour le financement de sa campagne en 2007, en contrepartie du retour du chef libyen sur la scène internationale, lui a donné une mort tragique ?
En politique comme dans la vie, il n'existe pas d'amis éternels, sauf les intérêts sont éternels. Ceux qui ont les intérêts en commun, ne sauraient se faire la guerre.
Quand on observe les signes depuis l'événement du 4 décembre, à l'Institut des États-Unis pour la paix à Washington, débaptisé la veille Institut Donald Trump pour la paix, à savoir, la signature par les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, devant d'autres chefs d'État africains, de l'accord de Washington, négocié et vanté par les Américains, cérémonie présidée par Trump, accord qui comporte la signature du président américain, aucun doute possible : il y va d'une question existentielle pour les Américains.
Face à la menace chinoise, l'heure a sonné pour les États-Unis de se mettre debout. D'où l’activation du projet du port en eau profonde de Lobito (reliant Ndola en Zambie, traversant l'ex-province congolaise du Katanga par Kolwezi, puis l'Angola, débouchant sur Lobito, à la côte atlantique), projet qui va assurer une liaison en une semaine contre plus d'un mois présentement, entre l’océan Atlantique et les régions minières congolaises et zambiennes qui produisent les minerais les plus recherchés au monde, critiques ou stratégiques, le cobalt, le cuivre, le lithium.
L'une des rares visites que l'ancien président Joe Biden en fin de mandat effectua en Afrique fut celle de Lobito, le 4 décembre 2024. Son successeur Donald Trump vient de mettre 553 millions de $US à la disposition de l’opérateur Lobito Atlantic Railway.
Face au Rwanda, Washington a changé de ton. Il n’avait jamais usé de mots aussi forts contre Kigali. Marco Rubio, le secrétaire d'État, sur son compte X : « Les actions du Rwanda dans l'Est du Congo constituent une violation flagrante des accords de Washington signés par le président Trump, et les États-Unis prendront des mesures pour garantir les promesses faites au président » @SecRubio.
Christopher Landau, secrétaire d'État adjoint surenchérit : « La récente offensive d'Uvira a été une erreur grave et inhabituelle» @DeputySecState. En conférence de presse de fin d’année, Marco Rubio défend « America First », affirme que « les engagements signés mais violés existent, permettant désormais aux États-Unis d’exiger des comptes et d’exercer des pressions pour leur respect » @SecRubio.
Le 12 décembre 2025, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la situation sécuritaire dans les Kivu, l’ambassadeur américain Mike Waltz, avait frappé fort, assurant que les États-Unis « utiliseront les outils à (leur) disposition pour tenir responsables les fauteurs de troubles de la paix » au Congo.
En autorisant ses forces déployées au Congo de prendre la troisième ville du Sud-Kivu, en leur fournissant les armes les plus sophistiquées, Paul Kagame, «intimement impliqué dans la planification et l’exécution de la guerre dans l’est de la RDC», a franchi la ligne rouge.
« Le président Trump s’est réjoui d’avoir réuni le président de la RDC Tshisekedi et le président rwandais Kagame à Washington le 4 décembre pour la signature des accords de Washington et du cadre d’intégration économique régionale. C’était une démonstration et un effort vrai et sincère vers la paix (…).
Et les États-Unis sont profondément préoccupés et incroyablement déçus par la reprise de la violence dans l’est de la RDC (…). Depuis sa réémergence en 2021, le Rwanda exerce un contrôle stratégique sur son groupe armé par procuration, le M23, ainsi que sur l’aile politique du M23, l’Alliance du fleuve Congo (AFC), et a déployé le M23 et l’AFC pour atteindre les objectifs géopolitiques du Rwanda dans l’est de la RDC.
Kigali a été intimement impliqué dans la planification et l’exécution de la guerre dans l’est de la RDC, en fournissant une direction militaire et politique aux forces du M23 et de l’AFC depuis des années maintenant.
Les Forces de défense rwandaises ont fourni du matériel, de la logistique et un soutien à l’entraînement au M23, ainsi que des combats aux côtés du M23 en RDC avec environ 5000 à 7000 soldats début décembre. Cela ne compte pas les augmentations possibles du Rwanda dans cette avancée la plus récente.
Ces derniers mois, le Rwanda a déployé plusieurs missiles sol-air et d’autres armes lourdes et sophistiquées dans le Nord et le Sud-Kivu pour aider le M23 dans son conflit contre la RDC. Le Rwanda et le M23 ont commencé leur offensive juste ce week-end dernier pour prendre Uvira, avec des forces rwandaises colocalisées avec le M23 le long des lignes de front.
De plus, nous avons des rapports crédibles sur l’utilisation accrue de drones suicides, une utilisation accrue d’artillerie par le M23 et le Rwanda, y compris des frappes au Burundi. Donc, plutôt qu’une marche vers la paix, comme nous l’avons vu sous la direction du président Trump, ces dernières semaines, le Rwanda conduit la région vers une instabilité et une guerre accrues.
À la lumière des engagements pris dans les Accords de Washington, nous sommes profondément préoccupés par le maintien de la présence militaire rwandaise sur le territoire congolais en soutien au M23. Nous utiliserons les outils à notre disposition pour tenir responsables les fauteurs de troubles de la paix ».
Vendredi 19 décembre, une autre représentante des États-Unis aux Nations Unies, y est revenue, condamnant l’avancée des troupes pro-rwandaises ainsi que le soutien du Rwanda, estimant que cela est contraire aux accords de Washington. « Le M23 doit immédiatement se retirer à au moins 75 kms d’Uvira et se conformer à l’ensemble de ses obligations prévues par l’accord-cadre », a-t-elle insisté.
Faut-il souligner ce Pacte de Partenariat pour la Sécurité et la Défense signé à Washington avec les États-Unis en lien avec la coopération dans le domaine du renseignement, de la surveillance technologique, de la fourniture d'équipements militaires, etc.
Les déclarations de Marco Rubio depuis la Floride, à Mar-a-Lago, face à Donald Trump, au lendemain de l'arrestation de Nicolas Maduro, ont été tellement explicites. «Des gens qui jouent à des petits jeux et qui pensent que rien ne le leur arrivera...
Et nous avons maintenant un président, le quarante-septième, qui ne joue pas à ce genre de petits jeux. Lorsqu'il vous dit qu'il va agir et qu'il va régler ce problème, il va le faire et il va le faire, et il agit. Cela fait 14 ans-15 ans que je suis dans cette branche et nous avons dit que nous allons faire ceci, cela, mais maintenant nous avons un président qui agit.
Je crois qu'il y a beaucoup de gens qui commencent à le comprendre. C'est comme ça que nous allons travailler. Et les gens doivent le comprendre. Ce n'est pas un président qui parle, qui fait des conférences de presse et qui écrit des lettres. Si le président dit qu'il est sérieux, eh bien! prenez-le au sérieux.
Tout cela était une menace directe pour la sécurité nationale des États-Unis. Le président est un président de la paix. Maduro a eu plusieurs opportunités et plusieurs voies de sortie. Et il pourrait vivre à un autre endroit dans de très bonnes conditions.
Il a choisi de jouer au dur et voilà le résultat ce matin. Le message pour le monde est le suivant : le président ne cherche pas à se quereller avec tout le monde. Nous sommes prêts à parler avec tout le monde. Mais ne jouez pas le petit jeu.
Ne nous prenez pas pour des idiots. Ne prenez pas ce président pour un idiot, sinon cela va mal se terminer pour vous. Et j'espère que la leçon a été retenue hier, et qu'elle portera».
avec médias KKMTRY.





