Où sommes-nous? À N'Djili Aéroport
  • lun, 13/04/2026 - 23:21

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1661 | MARDI 7 AVRIL 2026.

Il assure, la main sur le cœur, signe de certitude, une conviction forte, une prédiction. « Dans deux mois, je vous le dis, retenez-le : vous ne verrez plus sur cet aéroport et sur nombre d'autres aéroports du pays, les images d'une autre vie que nous avions coutume de voir dans le passé ».

À N'Djili, l'Aéroport International du Congo, le premier du pays, à tous points de vue, dans la grande salle de la Nouvelle Tour de contrôle qui coûta 79,5 millions de $US, inaugurée en juin 2015, le Professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba donne le go, d'entrée de jeu, mardi 31 mars 2026, aux environs de 11:10', à une journée de vérité en donnant lecture, devant les administrateurs, les cadres de commandement de la Régie des Voies Aériennes-Société Anonyme, en tête le directeur de l'administration Théophile Ngalamulume Mbombo, représentant le directeur général Louis-Blaise Londole Lokoyi empêché, et les médias, afin que tout soit clair pour chacun et pour tous, d'une disposition statutaire de la RVA-SA, qui fonde cet énième déplacement d'une délégation du Conseil d'Administration à l'Aéroport International de N'Djili-Kinshasa, FIH.

« Pouvoirs du Conseil d'Administration : le Conseil d'Administration détermine l'orientation de l'activité de la Société et veille à leur mise en œuvre. Sous réserve des pouvoirs expressément attribués à l'Assemblée de l'Actionnaire unique et dans la limite de l'objet social, il se saisit de toute question intéressant la bonne marche de la Société et règle par ses délibérations les affaires qui la concernent. À ce titre, il exerce notamment les attributions ci-après : préciser les objectifs de la Société et l'orientation qui doit être donnée à son administration ; exercer un contrôle permanent de la gestion assurée par le Directeur Général ; procéder aux contrôles et vérifications qu'il juge opportuns, auquel cas, le Président du Conseil d'Administration est tenu de communiquer à chaque administrateur tous les documents et informations nécessaires à l'accomplissement de sa mission » (art. 20, al. 1, 3 et 4 des Statuts de la Régie des Voies Aériennes-Société Anonyme, en abrégé RVA-SA, datant du 8 février 2024, acte notarié n°24/KNG/DA/004832, 20 février, 2024).

«ÉCOUTER, VOIR, ENTENDRE, COMPRENDRE».

Président du Conseil d'Administration de la RVA-SA, le Professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba se cale sur deux dispositions : à toute période de l'année, le Conseil d'Administration de la RVA-SA « se saisit de toute question intéressant la bonne marche de la Société » ; il « procède aux contrôles et vérifications qu'il juge opportuns».
Il souligne que ce jour est un jour de contrôle de gestion assurée au quotidien par différents services de la Société, tout comme de contrôle d'exécution des décisions prises par le Conseil d'Administration.

« Le Conseil d'Administration est venu ici pour voir, écouter, entendre, comprendre, décider, initier des actions de correction », souligne le Professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba.

Le but ? Le changement des cadres de travail, la modernisation des infrastructures aéroportuaires, la mise à des standards internationaux pour un pays hub naturel pour les compagnies aériennes internationales où se posèrent jadis les principales compagnies du monde américaines et européennes, TWA, Pan Am, européennes, Alitalia, Iberia, UTA, etc.
Il souligne le mot-fétiche du Conseil d'Administration : modernisation sans faille des infrastructures en vue de redresser l'image des aéroports du pays à mettre aux normes exigées par l'OACI, l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale, ICAO.

Ce mot d'ordre est-il respecté ? Dans son discours de bienvenue, le commandant de l'Aéroport, Ngondo Eso Ngandodenga, fait part d'«un réel honneur et d'un profond sentiment de responsabilité» en accueillant la visite d’inspection du Conseil d'Administration.

Il s'adresse directement au Président du Conseil. « Votre présence parmi nous constitue un signal fort d’engagement, de suivi stratégique et d’accompagnement dans la dynamique de modernisation et de redressement de notre plate-forme aéroportuaire. Elle traduit également l’intérêt particulier que vous accordez à l’amélioration continue de la sécurité, de la sûreté de notre plate-forme en cette période post audit AVSEC de l’OACI ».

Puis : « Cette visite intervient dans un contexte particulier marqué notamment par les recommandations issues de l’audit de l’OACI, les travaux de réhabilitation en cours ainsi que les efforts déployés par les équipes pour maintenir la continuité des opérations dans un environnement exigeant et en constante évolution ».

Puis : « Cette démarche permettra non seulement d’apprécier les efforts déjà consentis, mais aussi d’identifier les priorités opérationnelles, les contraintes persistantes et les besoins d’investissement nécessaires pour garantir une exploitation sûre, régulière et conforme aux normes internationales ».

Ngondo Eso Ngandodenga conclut : « Le Commandement de l’Aéroport de N’Djili reste pleinement engagé dans la mise en œuvre des orientations stratégiques de la Direction Générale et dans l’application des standards internationaux en matière d’aviation civile. Malgré les contraintes opérationnelles et infrastructurelles, nos équipes demeurent mobilisées pour assurer la continuité du service public aéroportuaire et l’amélioration progressive de la qualité des prestations. Votre visite constitue pour nous une opportunité importante de partage, d’évaluation et d’orientation, afin de consolider les acquis et d’accélérer les actions prioritaires pour le développement de l’Aéroport International de N’Djili ».
À 16:00' et quelques poussières, après avoir visité par véhicule, par COBUS, ces bus de desserte de tarmac et à pied, les infrastructures opérationnelles en rénovation, les travaux réalisés tel ce salon autrefois «commercial de la RVA-SA» désormais « VIP » désormais méconnaissable par personne mais qui curieusement, pour faute d'information, fait débat au sein du personnel pour « sa location à vil prix » à un privé, les dispositifs de sûreté et de contrôle d’accès passagers, le système d’alimentation énergétique, le fonctionnement de l’aérogare modulaire, la chaîne de traitement des passagers et des bagages soute, les zones ZSAR, Zones de Sûreté À Accès Réglementé, les projets structurants visant la sécurisation de l’emprise et des kilomètres et des kilomètres des murs de clôture côté piste et périmétrique, jusqu'au site appelé Mbatakulusu où plus de 150 ha de terre appartenant à la RVA-SA avaient été des années durant spoliés désormais miraculeusement récupérés.

Outre cela, ce système de contrôle sécurité SCANNOJET placé aux entrées et sorties jusqu'à l'accès à la Nouvelle Tour où un point de contrôle automatisé des passagers, a été placé comme partout ailleurs jusqu'à la fouille corporelle ou au laser de toute personne, les salons de départ et d'arrivée totalement transformés, les fauteuils placés qui ne cachent aucune ambition de porter N'Djili sur le toit de la modernisation, les murs de clôture qui n'avaient jamais existé depuis l'histoire de cet aéroport construit et inauguré le 14 février 1959 par les colons belges, etc. quand arrive l'heure de prendre congé, les questions des journalistes fusent.

Les questions visent à connaître les impressions du Président du Conseil après la visite. Ce qui surprend quand on sait que les journalistes ont été de part en part de cette visite, qu'ils avaient tout vu, tout entendu, qu'ils avaient interrogé qui ils voulaient, et qu'il leur appartenait de témoigner.

CE FUT TOUT SAUF UN AÉROPORT.

Réaction musclée mais polie du PCA : « Mes impressions importent peu. J’aimerais plutôt vous retourner la question : est-ce que vous avez vu qu’il y a quelque chose qui est en train de changer fondamentalement sur cet aéroport International ? C’est certainement oui. Vous avez été dans les salons, vous avez vu des endroits où on se dit qu’on n’est pas à Kinshasa ».

« En fait, tout est possible. Dans la vie, seules la volonté et la détermination permettent tout, ouvrent des portes. Elles seules conduisent au résultat. Je l’ai déjà dit plusieurs fois, d’ici deux mois vous ne reconnaîtrez plus ce que vous avez vu ici dans une autre vie. Mais ce n'est pas seulement à N'Djili. C'est partout dans le pays», déclare le PCA à ceux qui écrivent et commentent journellement et souvent en désinformant.

Puis : « La RVA-SA est une société de l’État qui est l’actionnaire unique. Quand la RVA-SA contacte l'État et que l'État aide à produire le travail que nous voyons là, nous disons félicitations. Car cela correspond exactement à la vision du Président de la République, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Pour la RVA-SA, la modernisation des aéroports a été toujours été le mot fétiche ».

Des propos tenus face à La Rotonde, ce bâtiment circulaire historique situé au cœur de l'aéroport d'un pays au centre du continent qui, à son inauguration, marqua l'âge d'or de l'aviation congolaise et ouvrit le pays au monde.

À l'érection de l'aérogare modulaire à l'autre bout, La Rotonde devenue l'entrée et le départ des vols nationaux mais «rien d'autre qu'un crasseux de Pakadjuma», un quartier de Kinshasa où tout règne, commerce de cannabis, vente des bières, viol, prostitution, tout sauf ce qui fait un aéroport, et qu'en juillet 2023 à sa nomination, Tryphon Kin-kiey Mulumba, inaugurant ses missions d'itinérance, avait comparé à l'image de l'homme de Néandertal mais que la firme InfraRose de Rahim Dhrolia s'applique à fondamentalement transformer.

À en croire des indiscrétions, le Président de la République y vient sous peu pour couper le ruban symbolique et remettre l'espace aux passagers.

Le PCA ne parle pas que de N'Djili. Il parle aussi des aéroports de Bangboka (Kisangani), de Kolwezi, de l'aéroport de Murongo (Bunia, Ituri), de la Luano (Lubumbashi, Haut Katanga), de Bipemba (Mbuji-Mayi, asaï Oriental), de Kananga (Kasaï Central). La liste s'allonge.

Sait-on ce qu'est un aéroport ? «La porte d'entrée vers des pays, des villes, des cultures, également la porte de sortie; l'espace qui donne la première image du pays où l'on va », explique Tryphon Kin-kiey Mulumba. « À l'atterrissage, ou vous vous sentez bien, dans un cadre sublime, enthousiasmant et vous jurez d'y revenir ou vous vous trouvez mal, et vous regrettez d'y avoir mis les pieds en jurant de ne plus y remettre les pieds. Un service exceptionnel reste un défi majeur pour les dirigeants », poursuit-il. Comment avoir des visiteurs, des touristes, des hommes d'affaires, des investisseurs, ouvrir les portes au développement si un pays par ailleurs aussi vaste que le Congo, guère pourvu d'infrastructures routières, néglige ses aéroports ?

ALUNGA MBUWA.


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