Fatshi triomphe
  • mer, 25/09/2019 - 12:38

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES. Le Soft International n°1468|MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019. Il y a eu des mots, des phrases sur les réseaux sociaux attribués à tel dirigeant belge ou tel autre, le Roi des Belges Philippe, un ministre fédéral influent... Impossible d’en vérifier l’authenticité! Qu’importe! La visite que vient d’effectuer dans l’ancienne puissance coloniale, du 16 au 22 septembre, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a marqué les esprits. Même l’opposition nationaliste souverainiste APARECO du Conseiller spécial de Mobutu, le dit Terminator Honoré Ngbando Nzambo Ko-Atumba, l’a reconnu à sa manière... Jamais, depuis le Maréchal et à l’époque des embrassades zaïro-belges des années Baudouin, la Belgique n’avait déroulé du tapis rouge aussi royalement à un dirigeant de son ancienne colonie. Accueilli en 1988 par Mobutu au bord de la Rwindi au Nord Kivu et sept ans auparavant sur le site d’Inga dans l’actuel Kongo Central, face à des paysages d’une rare beauté, aux somptueux buffets de Mobutu animés par une chorale chantant en français et en néerlandais, le premier ministre Wilfried Martens littéralement conquis, ne cacha pas les sentiments qu’il éprouvait pour ce Zaïre. «J’aime ce pays, sa population et ses dirigeants…», déclarait-il à Inga avant de reprendre cette phrase sept ans après, à Kisangani toujours aussi émerveillé: «Mes sentiments pour ce pays, son peuple et ceux qui le dirigent n’ont pas changé depuis sept ans». Mais les foudres belges que ces paroles allaient déclencher particulièrement au nord en Flandre, chez les socialistes flamands décidés de rompre tout lien avec l’ancienne colonie, eurent raison avec une énième rupture totale en 1991 de la coopération belgo-zaïroise... FAIRE LES VRP CONGOLAIS? Et jamais un Président de ce pays - fût-il Mobutu qui ne détestait pas l’immersion des foules - n’avait été aussi salué et porté en triomphe par sa diaspora et fait ainsi salle comble en Belgique comme ce mercredi 18 septembre au Palais des expositions de Bruxelles, sur le site du Heysel quand le président congolais est accueilli, ovationné par 4.000 compatriotes venus de toutes parts de l’Europe. Nul doute, le passage en Belgique de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo - dont «le plat pays» est son «autre Congo» -, laissera une marque. Mais laquelle? Poser cette question c’est se demander ce que la Belgique peut pour le Congo, elle qui, depuis des lustres, lui refuse tout même des facilités aux frontières. L’ex-Métropole est-elle en mesure de relever les défis congolais? Face aux impératifs de la construction européenne - convergence des politiques notamment en matière budgétaire, interdépendance des États membres, poids des opinions publiques avec des crises sociales récurrentes - , la réponse est non. «Le plat pays» doit assumer ses responsabilités européennes premières. Puis la vraie Belgique ce n’est pas au sud qu’il faut la trouver. Il y a bien longtemps que le sud wallon a cessé d’être. La Belgique qui marche et qui gagne c’est au nord flamand (très british) qu’elle existe avec un aussi puissant parti, la N-VA, Nieuw-Vlaamse Alliantie (Alliance néo-flamande ou Nouvelle Alliance). Or, la Flandre désormais sous l’empire de Bart De Wever hier comme aujourd’hui connaît tout du monde sauf du Congo. Que pourrait faire le sud francophone sans le nord dans une ex-colonie retournée à l’âge de la pierre, ce pays dont les médias disent tout sauf du bien? Il y a certes, cette belle phrase attribuée à l’autre Premier ministre belge Leo Tindemans: «La Belgique est la lucarne par laquelle le monde observe le Congo» faisant valoir l’importance de la parole belge dans le monde sur le chapitre congolais. Comme le Zaïre hier, le Congo peut donc compter sur la Belgique pour plaider sa cause, faire les VRP (Vendeur, Représentant et Placier) auprès des bailleurs de fonds, espérer quelques gestes d’aide ou de coopération, que la Belgique, a jusqu’ici, refusé de consentir, évoquant aujourd’hui comme hier mauvaise gestion, droits de l’homme, etc. Mais cela suffira-t-il? Qui ne se rappelle cette phrase de Mobutu à la suite d’une de l’une des visites belges? «J’attendais des amis, j’ai trouvé des comptables»… T. MATOTU.


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